Les douleurs pelvi-périnéales chroniques sont fréquentes, universelles, relativement mal connues. Elles induisent un coût,
pour la société, important. Les agressions sexuelles représentent un fléau universel et fréquent dans le genre humain, leurs
conséquences sont multiples et souvent responsables d'une altération majeure de la qualité de vie ultérieure des victimes.
Il semble exister une relation forte entre antécédents d'abus sexuels et douleurs pelviennes chroniques. Cette relation semble
moins évidente en ce qui concerne les douleurs strictement périnéales, peut-être en raison de l'innervation exclusivement
sympathique des organes pelviens. Les conséquences algiques tardives d’un abus sexuel semblent d'autant plus importantes que
l'abus sexuel a généré un état de stress posttraumatique (ESPT). La prise en charge de ces patients doit permettre de créer
un espace de sécurité physique et psychologique leur permettant, au moment où ils le désirent, d'aborder cet aspect de leur
histoire. À l'équipe soignante d'être attentive et suffisamment compétente pour offrir une stratégie thérapeutique adéquate
et non délétère. La connaissance d'un antécédent d'abus ne doit pas conduire à se débarrasser du patient au profit d'une équipe
psy... mais plutôt à intégrer cette dernière dans le «groupe soignant» afin de donner une réponse à la plainte initiale du
patient: sa douleur. En outre, la connaissance d'un abus sexuel engendre un aspect juridique et légal dont il faudra tenir
compte, d'autant plus que les abus peuvent faire partie de l'histoire présente du patient.
Chronic pelvic/perineal pain frequently occurs throughout the general population, yet is poorly understood. Its cost to society
is considerable. Universally and highly prevalent, sexual assault is a scourge of humanity. Its consequences are far-reaching
and often greatly reduce the quality of life of its victims for years to come. There appears to be a strong correlation between
a history of sexual assault and chronic pelvic pain. This correlation is less evident for strictly perineal pain, perhaps
because of the exclusively sympathetic innervation of pelvic organs. Late-appearing pain related to sexual assault seems exacerbated
by post-traumatic stress disorder (PTSD) caused by the assault. Management of these patients includes creating a space of
physical and psychological safety that allows them to confront their history when the time is right. The medical team must
be observant and sufficiently competent to offer an appropriate therapeutic strategy that does not cause additional harm.
The knowledge of antecedent sexual abuse must not lead to the patient's definitive referral to a mental health team, but rather
to integrating that team into the overall health care team in an effort to respond to the initial symptom: the pain. Moreover,
the recognition of antecedent sexual assault has legal ramifications that must be kept in mind, especially since there is
a possibility of ongoing abuse.
Mots clés: Abus sexuel - Agression sexuelle - Douleurs pelvi-périnéales - État de stress posttraumatique - Syndrome douloureux pelvien complexe
Keywords: Sexual abuse - Sexual assault - Pelvic/perineal pain - Post-traumatic stress disorder - Complex pelvic pain syndrome