Volume 2, Number 3, 221-226, DOI: 10.1007/s11690-007-0065-5

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Une flore intestinale saine pour un métabolisme énergétique sain

Healthy intestinal flora for healthy energy metabolism

P. -D. Cani, J. Amar and R. Burcelin

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Abstract

Le développement quasi parallèle des maladies métaboliques et du changement des habitudes alimentaires montre qu’en plus d’une composante génomique propre a` chaque organisme, un événement nutritionnel doit faire partie des mécanismes du diabète et de l’obésité. Quelques travaux très récents ont apporté une preuve physiologique et moléculaire du rôle de la flore intestinale, en tant que composante nutritionnelle contribuant au développement des maladies métaboliques. L’organisme abrite des milliards de bactéries dans l’intestin, dont la survie et le développement dépendent de nos capacités à les nourrir et à les protéger. Également, afin d’assurer cette symbiose, la flore bactérienne contribue à augmenter l’efficacité alimentaire de l’organisme pour favoriser sa croissance et s’adapter à de nouvelles situations nutritionnelles. Ainsi, les travaux récents ont montré que la manipulation de la flore intestinale pouvait interférer avec le développement du tissu adipeux. Inversement, la restriction alimentaire et l’amaigrissement consécutif favorisent le développement d’une flore intestinale différente. Nous avons montré qu’un signal moléculaire de ce changement de flore intestinale, en réponse à un changement de régime nutritionnel, était un constituant de la paroi des bactéries à Gram négatif, le lipopolysaccharide: LPS. C’est un puissant agent inflammatogè ne, qui suffit en soi à déclencher la prise de poids, l’insulinorésistance et l’hyperglycémie a` jeun. L’utilisation de souris knock-out pour le principal récepteur du LPS, le CD14, ralentit le développement des maladies métaboliques en réponse a` un régime gras. Ces travaux ouvrent, ainsi, de nouvelles portes pour définir des additifs alimentaires capables de réduire l’impact d’excès alimentaires sur les maladies métaboliques et de définir des stratégies de phénotypage prédiagnostique.
The simultaneous development of metabolic diseases and changes in eating habits demonstrate that, in addition to the importance of each individual’s genetic background, nutrition is a significant factor in the mechanisms leading to diabetes and obesity. In addition, recent studies have provided molecular and physiological data about the role of intestinalmicroflora as a nutritional component in the development of metabolic diseases. The human intestine hosts billions of bacteria, which are nourished and protected based on our eating habits and health. Furthermore, to ensure a symbiotic relationship with their human host, bacteria help us efficiently process food, thereby favouring the body’s growth and the ability to adapt to the changing nutritional environment. Recently published results have shown that changes in intestinal microflora, under experimental conditions, impact the occurrence of obesity. Food restriction and, consequently, weight lost are associated with changes in intestinal microflora. We showed that a molecular component of Gram-negative bacteria, lipopolysaccharide (LPS), provides the nutritional signal responsible for the occurrence of metabolic diseases triggered by high-fat diets. LPS is the most potent inflammatory agent known, and we demonstrated that a continuous and very low-rate infusion of LPS is sufficient to increase weight gain, insulin resistance, and fasting hyperglycaemia. Knockout mice missing the main LPS receptor, CD14, were protected against the deleterious metabolic effects of high-fat diets. Consequently, our work will contribute to the development of new food additives able to reduce the impact of excessive energy intake on the occurrence of metabolic diseases and help define additional markers for the early diagnosis of metabolic diseases.

Mots clés  Diabète - Obésité - Flore bactérienne intestinale - Inflammation LPS

Keywords  Diabetes - Obesity - Intestinal microflora - LPS inflammation

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