Après une présentation brève des apports de Mesmer et de Puységur à l’approche rationnelle de la transe, nous présentons les
premières utilisations de l’hypnose (alors appelée magnétisme) dans des contextes chirurgicaux. Sont ainsi présentés les travaux
de J. Cloquet, J.-V. Oudet, J. Elliotson, J. Esdaile. Les résultats de ces premières expériences sont très nets : les suggestions
hypnotiques permettent d’inhiber complètement les sensations douloureuses. Après un rappel des travaux concernant la mise
au point de l’anesthésie chimique, nous conclurons cet article en analysant les raisons qui ont fait que l’une et l’autre
de ces méthodes ont été, à l’époque, assez peu investies par les chirurgiens : 1) valorisation religieuse et thérapeutique
de la douleur ; 2) refus des produits pouvant en modifier l’intensité ; 3) valorisation corporative de certaines qualités
: habileté, rapidité, courage, fermeté, etc.
After a brief review of Mesmer’s and Puysegur’s contributions to a rational approach to “trance”, we will present the first
uses of hypnosis (called magnetism at this time) in the field of surgery. We will introduce the scientific work of J. Cloquet,
J.-V. Oudet, J. Elliotson and J. Esdaile. The results of these first sets of experiences are conclusive: hypnotic suggestions
produce the complete inhibition of painful sensations. After a review of the scientific work that led to the fine-tuning of
chemical anaesthesia, we conclude by pointing out the main reasons surgeons of that era were not more interested in either
hypnotic analgesia or chemical anaesthesia. Reasons include the value religion and therapists placed on pain; the refusal
to use drugs capable of reducing the intensity of pain; the corporative valorization of qualities such as skillfulness, speed,
courage, steadfastness, and so on.
Mots clés Hypnose - Magnétisme - Histoire de l’anesthésie - Histoire de l’analgésie
Keywords Hypnosis - Magnetism - History of anaesthesia - History of analgesia
Psychologue, directeur de l’Institut français d’hypnose (IFH), président du Groupement pour l’étude et les applications médicales
de l’hypnose (GEAMH), psychothérapeute à l’Institut Paul Sivadon (Association Élan Retrouvé).