Volume 1, Number 4, 207-212, DOI: 10.1007/s12611-009-0043-2

La remise en cause de pratiques médicales professionnelles de la part des usagers de la périnatalité. Quels en sont les origines historiques, la légitimité et les moyens aujourd’hui ?
Partie I: les origines historiques de la remise en cause de pratiques médicales professionnelles de la part des usagers de la périnatalité

Consumers of maternity care are challenging professional medical practice: the historical background, legitimacy, and present operation of this challenge
Part I: Consumers of maternity care are challenging professional medical practice: a historical background

E. Phan

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Abstract

Dans la seconde partie du XXe siècle, en France, la remise en cause des pratiques médicales dans le domaine de la grossesse et de l’accouchement est le fait de certains professionnels de santé (accouchement sans douleur dès 1952, lieux de naissance alternatifs dans les années 1970–1980). La parole collective, autonome et concertée de femmes, de parents, d’associations est peu visible. Les femmes accèdent à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse et, dans les années 1980, à la péridurale, qui sont toutes des techniques médicales non plus prescrites aux patients, mais choisies par la femme qui en demande alors l’application au médecin. Dans le domaine de la santé en général, les rapports entre patients et soignants évoluent grâce à des associations de patients (malades du cancer, du sida, maladies rares) qui organisent leur prise de parole collective: le processus aboutit aux lois de 2002 sur les droits individuels et collectifs des usagers de la santé. Les associations de périnatalité sont peu visibles dans ces mouvements de patients, mais certaines tentent de leur emboîter le pas aux alentours de l’année 2000. La remise en cause collective et argumentée des pratiques médicales n’est généralement pas centrale pour ces associations de parents, pour des raisons sans doute historiques et liées aux difficultés d’accès aux publications médicales.
During the second half of the 19th century in France, a critical evaluation of medical practice with respect to child bearing and child delivery has been initiated by a few health caregivers: painless childbirth from 1952 onward and alternative places for delivering babies during the 1970–1980s. During this period, little attention has been paid to collective, autonomous, and shared voices of women, parents, and nonprofit societies. Women have been offered access to contraception, abortion, and finally the epidural after 1980. All these medical techniques were no longer prescribed to patients but rather chosen by women who expect physicians to apply them. In the global domain of health, interactions between patients and caregivers underwent a radical change thanks to patient organizations (cancer, AIDS, and rare diseases) as the latter stood us to speak in a collective voice. This process led to the 2002 law on individual and collective rights of consumers of health care. Indeed, groups dealing with maternity services remained almost out of sight in patient movements, but a few societies started moving on during the early 2000s. In general, parent societies were not yet engaged in a collective evaluation of medical practice substantiated with reliable sources, both because of historical reasons and difficulties in accessing medical literature.

Mots clés  Droits des usagers de la santé - Associations d’usagers de la santé - Associations de parents - Droits des femmes -  Evidence-base medicine  - Médecine factuelle - Haute Autorité de santé

Keywords  Patient’s rights - Patient organization - Parents societies - Women’s right - Evidence-base medicine

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