Dans la seconde partie du XX
e siècle, en France, la remise en cause des pratiques médicales dans le domaine de la grossesse et de l’accouchement est le
fait de certains professionnels de santé (accouchement sans douleur dès 1952, lieux de naissance alternatifs dans les années
1970–1980). La parole collective, autonome et concertée de femmes, de parents, d’associations est peu visible. Les femmes
accèdent à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse et, dans les années 1980, à la péridurale, qui sont
toutes des techniques médicales non plus prescrites aux patients, mais choisies par la femme qui en demande alors l’application
au médecin. Dans le domaine de la santé en général, les rapports entre patients et soignants évoluent grâce à des associations
de patients (malades du cancer, du sida, maladies rares) qui organisent leur prise de parole collective: le processus aboutit
aux lois de 2002 sur les droits individuels et collectifs des usagers de la santé. Les associations de périnatalité sont peu
visibles dans ces mouvements de patients, mais certaines tentent de leur emboîter le pas aux alentours de l’année 2000. La
remise en cause collective et argumentée des pratiques médicales n’est généralement pas centrale pour ces associations de
parents, pour des raisons sans doute historiques et liées aux difficultés d’accès aux publications médicales.
During the second half of the 19th century in France, a critical evaluation of medical practice with respect to child bearing
and child delivery has been initiated by a few health caregivers: painless childbirth from 1952 onward and alternative places
for delivering babies during the 1970–1980s. During this period, little attention has been paid to collective, autonomous,
and shared voices of women, parents, and nonprofit societies. Women have been offered access to contraception, abortion, and
finally the epidural after 1980. All these medical techniques were no longer prescribed to patients but rather chosen by women
who expect physicians to apply them. In the global domain of health, interactions between patients and caregivers underwent
a radical change thanks to patient organizations (cancer, AIDS, and rare diseases) as the latter stood us to speak in a collective
voice. This process led to the 2002 law on individual and collective rights of consumers of health care. Indeed, groups dealing
with maternity services remained almost out of sight in patient movements, but a few societies started moving on during the
early 2000s. In general, parent societies were not yet engaged in a collective evaluation of medical practice substantiated
with reliable sources, both because of historical reasons and difficulties in accessing medical literature.
Mots clés Droits des usagers de la santé - Associations d’usagers de la santé - Associations de parents - Droits des femmes -
Evidence-base medicine
- Médecine factuelle - Haute Autorité de santé
Keywords Patient’s rights - Patient organization - Parents societies - Women’s right - Evidence-base medicine