La rhabdomyolyse est une lésion du muscle strié, réversible ou non, altérant suffisamment l’intégrité de la membrane des cellules
pour permettre la libération de leur contenu dans le milieu extracellulaire (1). Depuis la description princeps, par Bywaters, de l’insuffisance rénale aiguë (IRA) secondaire au « syndrome d’écrasement
» (« crush syndrome »), au cours des bombardements de Londres durant la seconde Guerre mondiale, de nombreuses autres causes
médicales de rhabdomyolyse ont été identifiées, qui peuvent aussi être responsables d’IRA (2). Selon les définitions utilisées et le contexte (traumatique ou non), 4 à 80 % des patients ayant une rhabdomyolyse développent
une IRA (1, 3, 4), et une rhabdomyolyse serait à l’origine de 4 à 9 % des épisodes d’IRA, en général (5, 6) comme en réanimation (7). La littérature médicale s’est enrichie ces dernières années d’études menées dans un contexte de médecine « de catastrophe
», situation à part où l’IRA est souvent sévère, accompagnée d’une mortalité élevée, et où les contraintes logistiques ont
autant d’importance que l’application de l’« evidence-based medicine ».